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Malgré tout, nous avons réussi à rester des hommes

Publié le 28/01/2015 à 11:11 par andrenicolas Tags : pcf frontdegauche solidarité partagedesrichesses frontpopulaire
Malgré tout, nous avons réussi à rester des hommes
« Malgré tout, nous avons réussi à rester des hommes »
Entretien réalisé par Adrien Rouchaleou
Mardi, 27 Janvier, 2015
L'Humanité

"L'essentiel est de garder sa dignité. Eux voulaient nous déshumaniser pour mieux nous abattre."
Photo : Patrick Nussbaum
Dès 1942, Léon Zyguel a connu l’enfer de la déportation et des camps de concentration. Il y est resté pendant trois ans, jusqu’à la libération de Buchenwald. C’est son humanité et la solidarité qui l’ont fait tenir.

Un an après l’arrestation de votre père, vous avez vous-même connu le même sort en tentant de passer en zone libre avec vos frères et sœurs…

Léon Zyguel Près de la ligne de démarcation, à quelques kilomètres d’Orthez, le car dans lequel nous voyagions a été arrêté par la gendarmerie allemande qui vérifiait les papiers. Nous leur avons dit que nous venions en vacances. Nous étions partis sans nos papiers, car ils étaient marqués du tampon «juif». C’était trop dangereux. Ça a semblé louche au gendarme, il a commencé avec mon frère aîné, ça a été des coups… Puis ils nous ont remis à la gendarmerie française. Nous sommes tombés entre les mains de Papon, secrétaire général de la préfecture de la Gironde. Arrivés à Drancy, l’antichambre des camps, nous avons demandé si M.Zyguel, notre père, était encore là. Ils sont allés le chercher. Imaginez la souffrance d’un père enfermé depuis un an dans un camp de concentration à qui l’on vient annoncer que trois de ses enfants viennent de l’y rejoindre. Nous sommes restés un mois ou un mois et demi à Drancy. Ensuite, ils ont formé un convoi pour partir. Mon père a demandé à y être ajouté. Quand la porte du wagon s’est ouverte, dans un camp autour d’Auschwitz, les SS sont arrivés en criant : «Tous les hommes de plus de seize ans descendent du wagon.» Mon père et mon frère sont descendus. Moi qui n’avais que quinze ans, je suis descendu quand même. Ça m’a sauvé la vie. Les autres ont continué vers Auschwitz. Ma sœur y était. On ne l’a jamais revue.

Quels souvenirs avez-vous gardé de la vie dans ce camp ?

Léon Zyguel Le matin c’était la sirène au réveil. Quand elle sonnait une deuxième fois, c’était l’heure d’aller au lavabo, faire sa toilette si on le désirait. Beaucoup de camarades étaient tellement fatigués qu’ils attendaient la troisième. Moi je n’ai jamais manqué d’aller me débarbouiller. La troisième sirène était celle du rassemblement sur la place d’appel. Tant que les SS avaient donné l’ordre de garde-à-vous, il fallait rester sur la place les uns contre les autres. Les camarades qui ne pouvaient plus tenir debout, nous les coincions entre nous pour les maintenir. Nous les tenions par la main. Il y avait dans les yeux de ces camarades tellement de désir de vivre! Tellement de souffrance. Le plus grand amour, la plus grande haine, c’est dans les yeux que ça se lit. Ça reste au fond de nous. L’essentiel, c’est de garder sa dignité. Il ne faut jamais l’oublier. Eux voulaient nous déshumaniser pour mieux nous abattre.....

http://www.humanite.fr/