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Visibilité et invisibilité par Cynthia Fleury

Publié le 26/10/2016 à 08:36 par andrenicolas Tags : image moi femme société travail mode soi bleu news artiste roman
Visibilité et invisibilité par Cynthia Fleury
Visibilité et invisibilité
Vendredi, 21 Octobre, 2016
L'Humanité

La chronique philo de Cynthia Fleury. «C’est une question de travail qu’on a fait sur soi-même.»

La fresque est visible, dans son bleu méditerranéen, depuis le périphérique : sur une tour de Malakoff, elle peint un « chibani », emblème des travailleurs immigrés d’après-guerre, précarisés et souvent lésés au moment de leur retraite par rapport aux nationaux. Il s’agit là, pour la mairie, de faire acte de reconnaissance, par l’intermédiaire de l’œuvre du street-artiste Vince. Reconnaissance, le mot est bien connu et devenu l’une des revendications majeures des individus. Une reconnaissance, tout en visibilité, qui se confronte parfois à la demande d’égalité qui confine à plus d’invisibilité et d’indifférenciation.

Jusqu’où les deux sont complémentaires ? Jusqu’où sont-elles antinomiques ? Dans son dernier ouvrage, Ce qui nous unit. Discrimination, égalité, reconnaissance (Seuil, 2016), François Dubet revient sur nos expériences, individuelles et collectives, de l’égalité et de l’identité ; nos expériences, aussi, de « l’égalité refusée ». Les personnes discriminées ne se racontent pas d’histoires, souligne le sociologue. L’analyse statistique indique que les chances de vivre dans un quartier difficile, d’être peu qualifié, d’être au chômage, d’être contrôlé par la police s’accumulent et finissent par créer des inégalités très fortes qui ne s’inscrivent pas dans le temps et ne sont pas réductibles à une étape dans un parcours migratoire.

« L’écart se maintient et il accentue d’autant plus le sentiment de discrimination que les seconde et troisième générations se sentent davantage assimilées à la culture et à la société française. » Pour autant, la logique de reconnaissance n’est pas seulement liée à un problème social d’inégalités, elle procède d’un « droit à être soi-même », qui n’est pas nécessairement lié à un besoin communautaire, même s’il en est parfois l’expression favorite. Le moi libéral est en effet jugé trop abstrait, désincarné, coupé de ses racines, de ses traditions, de sa culture, même si celle-ci ne se réduit pas à une origine essentialisée.

« Au-delà de l’extrême diversité de leurs expériences, poursuit Dubet, et de leurs réactions, tous les individus discriminés posent à la société deux questions : celle de l’équité et du mérite auxquels peuvent prétendre les égaux ; celle de la reconnaissance des identités, contre le poids des stéréotypes et des stigmates. » Régine, étudiante, ne se reconnaît pas comme « noire », mais comme plurielle, femme, bretonne, française, liée à l’Afrique… « Bien sûr, il y a une réalité, il y a les discriminations. Après c’est une question de parcours, c’est une question de travail qu’on a fait sur soi-même. » Et Dubet de commenter : « À l’identité épaisse des communautés, Régine oppose les identités fines des individus incertains et métissés. »

La lutte contre les discriminations relève certes des politiques générales, mais elle renvoie aussi à la nécessaire écoute des parcours singuliers des individus, la découverte et le respect de leurs vécus propres, irréductibles les uns aux autres. C’est là que commence l’égalité : dans la reconnaissance de leur singularité.

La chronique philosophique