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Par Anonyme, le 19.11.2025
salutations s'il fallait parler de toutes les horreurs actuelles, cela ferait un sacré bouquin
cordialement
Par pat, le 10.11.2025
et pour les chrétiens massacrés en terre musulmane; on fait quoi ???? http://arbraca mes.centerblog .net
Par pat, le 09.05.2025
entierement d'accord ..... http://arbraca mes.centerblog .net
Par pat, le 09.05.2025
encore un fameux rigolo ............. la france est perdue ce n'est plus qu'une question de temps .... http://
Par pat, le 09.05.2025
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Date de création : 31.03.2011
Dernière mise à jour :
01.01.2026
37125 articles
La chronique de Jean Rouaud.
Dans Après la tempête, son dernier film, le merveilleux Kore-eda nous apprend que répéter trois fois le même mot ou la même phrase serait en japonais le signe très sûr d’un mensonge. Autrement dit, cette insistance, cette façon de paraître se convaincre soi-même à défaut de l’autre, serait pour le moins suspecte. Ce qui peut se vérifier plus facilement qu’un nez qui s’allonge; ce qui se retrouve ailleurs que dans la langue du film.
Pascal a dû sentir intuitivement que sa profession de foi risquait de verser comme son carrosse, lorsque, dans sa « nuit de feu », après avoir écrit fébrilement « joie, joie, joie », il rajouta, comme s’il craignait que son amoncellement ne fît douter de son illumination, une sorte de contre-mensonge. « Pleurs de joie », qui suit la triplette, introduit ainsi un bémol, les larmes sur le visage donnant par leur touche de souffrance un accent de vérité à l’expression béate de la joie. Après quoi Pascal recopia son éblouissement d’un instant et le cousit avec le parchemin original dans la doublure de sa veste. Tout le monde n’est pas Pascal. Dans un article du Monde paru dans l’entre-deux -tours, on pouvait ainsi lire une adresse à celui qui préside désormais au destin du pays : « Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï. » L’argument avancé de ce martèlement serait celui d’une surdité sociale. Des sourds socialement, ce n’est pas ce qui manque. On les combat, on essaie de démontrer qu’ils sont insensibles à la difficulté de l’autre ou, si c’est possible, on passe outre et on fait sans eux. Mais la haine, c’est autre chose. Pour le philosophe José Ortega y Gasset : « Haïr, c’est tuer virtuellement, détruire en intention, supprimer le droit de vivre. Haïr quelqu’un, c’est ressentir de l’irritation du seul fait de son existence, c’est vouloir sa disparition radicale. » C’est la « solution finale », en somme.
Si tripler la même phrase revient à camoufler un aveu, on pourrait dans un élan purement inversé en conclure que « vous êtes haï » signifie « vous êtes aimé ». Mais difficile de lire ici de l’amour rentré. Le mensonge est plus subtil. C’est par exemple considérer qu’à travers le « vous » se trouve visé un collectif. Non un « vous » de politesse, mais un « vous » pluriel. Quel est ce groupe haï associé à la finance internationale auquel renvoie le candidat élu ? Dans le même temps, l’homme au triangle rouge, déporté en business class, traitait de « crevards » ses adversaires socialistes. « Crevards » était le terme qu’on réservait dans les camps aux détenus rendus à leur dernière extrémité. Refoulé quand tu nous tiens. On y revient.