Un exceptionnel fonds documentaire. Plus de 900 boîtes d’archives contenant environ 55 000 documents mais aussi 2 000 livres, 400 000 journaux et revues. C’est ce que la fédération communiste des Bouches-du-Rhône s’apprête à mettre à disposition aux Archives départementales. Une initiative qui s’inscrit dans la démarche débutée au plan national il y a une quinzaine d’années. « Nos archives sont aussi celles d’un territoire riche de l’histoire du mouvement ouvrier », indique Jérémy Bacchi, nouveau secrétaire départemental du PCF 13. « Nous souhaitons les mettre à la portée de tous, à commencer par les étudiants et les historiens », poursuit-il. Symboliquement les communistes du département souhaitaient que le dépôt de leurs archives s’opère à l’occasion du centenaire de la Révolution d’octobre.
Une conférence-débat était même prévue sur ce thème le 8 novembre au sein des Archives départementales. « Mais il y a 15 jours, le cabinet de la présidente du conseil départemental s’y est opposé en nous faisant savoir que le dépôt de nos archives devait être entériné en commission permanente », déplore le dirigeant communiste, « alors même que nous avions beaucoup travaillé avec les services et la direction des Archives départementales et que nous avons informé le cabinet de Martine Vassal par un courrier daté du mois d’août, de notre secrétaire départemental d’alors, Pierre Dharréville. Nous regrettons profondément ce contre-temps ».
Conférence-débat au Toursky autour de la Révolution d’octobre
La conférence-débat aura malgré tout bien lieu le 8 novembre mais elle se tiendra au théâtre Toursky*. Le transfert des archives ne devrait quant à lui pas être validé avant décembre et serait donc effectif au début de l’année prochaine.
Historien et responsable de l’association Provence mémoire et monde ouvrier (Promémo), Gérard Leidet regrette également que « ce report empêche d’articuler l’ouverture des archives du PCF 13 à la revisite critique d’octobre 1917 ». Pour lui, le recours aux archives de la fédération communiste permet d’éclairer la lecture des événements à la lumière des réalités militantes passées en se gardant des simplifications. « La Révolution d’octobre a généré une espérance planétaire qui a eu un écho dans le moindre village », illustre-t-il.
Félix Girolami, membre de l’amicale des vétérans du PCF 13, témoigne de l’attachement politique des communistes à cet événement fondateur. Une exposition réalisée pour le centenaire est d’ailleurs actuellement présentée dans les locaux de la fédération.
Comment les communistes de nouvelle génération regardent-ils la Révolution d’octobre ? « Il n’y a pas de nostalgie ou de volonté de lui faire dire ce qu’elle ne dit pas. Elle a été un temps fort d’intervention populaire comme 1936, la Résistance ou mai 1968 en France. Elle marque une rupture avec le système capitaliste. L’étudier, en débattre, est utile à ceux qui défendent l’émancipation humaine et une perspective révolutionnaire de notre temps », conclut Jérémy Bacchi.
L.P.
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