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Par Anonyme, le 19.11.2025
salutations s'il fallait parler de toutes les horreurs actuelles, cela ferait un sacré bouquin
cordialement
Par pat, le 10.11.2025
et pour les chrétiens massacrés en terre musulmane; on fait quoi ???? http://arbraca mes.centerblog .net
Par pat, le 09.05.2025
entierement d'accord ..... http://arbraca mes.centerblog .net
Par pat, le 09.05.2025
encore un fameux rigolo ............. la france est perdue ce n'est plus qu'une question de temps .... http://
Par pat, le 09.05.2025
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Date de création : 31.03.2011
Dernière mise à jour :
01.01.2026
37125 articles
Depuis le 3 octobre, la population équatorienne se mobilise fortement dans les rues contre les mesures économiques et sociales annoncées par le Président Moreno : des mesures d'austérité néo-libérales qui favorisent les plus riches et asphyxient la majorité de la population, les travailleurs, les paysans, les indigènes…
Des attaques, en totale rupture avec le gouvernement Correa et à l'opposé des discours de la campagne de Lenin Moreno qui l'ont amené au pouvoir en 2017. Ces attaques du gouvernement arrivent après avoir criminalisé le parti de l'ancien président Rafael Correa, en exil en Belgique et mis en prison son vice-président Jorge Glas pour non soutien à la politique de Lenin Moreno.
Ce mouvement massif et populaire coagule tous les mécontentements sociaux, politiques et exprime le sentiment de trahison du peuple équatorien vis-à-vis d'un pouvoir qui lui a menti et qui s'aligne maintenant sur les ordres néolibéraux du FMI pour un prêt de 4 milliards de dollars.
A cette révolte juste, Lenin Moreno montre son isolement et répond par la force, la militarisation des lieux publics, déclaration de l'Etat d'exception pour 60 jours et délocalise le pouvoir exécutif dans la capitale financière à Guayaqil.
Le PCF apporte toute sa solidarité au peuple équatorien en quête de justice sociale et fiscale, toute sa solidarité à cette lutte contre les inégalités sociales, et son plein soutien aux forces démocratiques et d'émancipation humaine et sociale d’Équateur.
www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1
Suivez la progression des soutiens sur le site https://www.adprip.fr/
Quito a lancé un mandat d’arrêt contre l’ex-président progressiste dont le successeur entend éradiquer l’héritage.
Le président équatorien, Lenin Moreno, n’en finit plus de s’acharner contre son prédécesseur, Rafael Correa, l’animateur de la « révolution citoyenne » équatorienne, qui a exercé le pouvoir entre 2007 et 2017. Une juge a fait savoir mardi qu’elle décidait « son placement en détention provisoire » après son inculpation dans le cadre d’une très obscure affaire de tentative d’enlèvement en Colombie sur Fernando Balda, un ancien député de l’opposition d’une droite radicalisée. Rafael Correa, résidant avec sa compagne en Belgique, un mandat d’arrêt international a été lancé via Interpol.
Depuis son élection en 2017, le président Moreno, qui a pourtant fait carrière dans l’ombre de Correa, dont il fut le vice-président, s’emploie systématiquement à éradiquer l’héritage politique et social de son prédécesseur. Il a ainsi fait avaliser en février dernier la destitution des membres d’un Conseil de la participation citoyenne et du contrôle social, ou encore fait abolir plusieurs textes garde-fous contre la spéculation immobilière. Soucieux d’évidence d’afficher sa volonté de « restaurer » la relation du pays avec Washington, il a aussi coupé depuis mars l’Internet au fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, réfugié depuis 2012 dans l’ambassade équatorienne à Londres. Une manière pas franchement élégante de signifier au lanceur d’alerte qu’il est invité à se rendre.
L’ex-président Correa est poursuivi pour « association de malfaiteurs et enlèvement » alors même que le délit reproché n’a pas abouti et qu’il s’est déroulé en Colombie, soit un pays gouverné par une droite très hostile aux expériences de gauche latino-américaines. Rafael Correa place cet acharnement judiciaire « dans le même registre politique » que celui qui a conduit aux destitutions de Dilma Rousseff au Brésil ou de Cristina Kirchner en Argentine.
Quito a coupé les communications extérieures du journaliste australien, réfugié depuis 2012 dans l’ambassade de l’Équateur à Londres.
Il semble révolu, le temps où l’Équateur offrait sa bienveillance au fondateur de WikiLeaks. Le virage idéologique entrepris par Quito, qui sous la houlette du président Lenin Moreno entend clore l’ère progressiste de son prédécesseur Rafael Correa, n’est pas sans contrainte pour Julian Assange. Le journaliste et lanceur d’alerte australien, qui a trouvé refuge en 2012 dans l’ambassade de l’Équateur à Londres, a vu, mardi, ses communications extérieures coupées par l’exécutif équatorien. « Le comportement d’Assange, avec ses messages à travers les réseaux, met en danger les bonnes relations que le pays maintient avec le Royaume-Uni, avec le reste des États de l’Union européenne et autres nations », explique un communiqué officiel. Toujours selon les autorités, le créateur de WikiLeaks, qui a récemment obtenu la nationalité équatorienne, aurait « manqué à l’engagement écrit qu’il a assumé avec le gouvernement fin 2017, dans lequel il est obligé de ne pas émettre de messages qui supposeraient une ingérence (...) avec les autres États ».
La menace toujours vive d’une extraditionVia son compte Twitter, Julian Assange a critiqué les récentes expulsions des diplomates russes, en représailles à l’empoisonnement de l’agent double russe Sergueï Skripal sur le sol britannique. « Même s’il est raisonnable que Theresa May (la première ministre britannique – NDLR) pense que l’État russe est le premier suspect, jusqu’à présent les preuves sont circonstancielles », a-t-il écrit. Il a également fustigé les mandats d’arrêt européens abusifs contre les leaders indépendantistes catalans.
Londres en a immédiatement profité pour revenir à la charge. « Il est très regrettable que Julian Assange reste dans l’ambassade d’Équateur », a déploré le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères, Alan Duncan, qui a osé traiter le lanceur d’alerte de « misérable petit ver de terre » qui doit « se rendre à la justice britannique ». Julian Assange serait reclus en raison d’une enquête en Suède où il est poursuivi pour de présumées « violences sexuelles », et ce alors que la première procureure en charge du dossier, Eva Finne, a clos le dossier depuis des années. L’Australien craint – à juste titre – que Stockholm et surtout Londres ne dégainent une extradition vers les États-Unis, où la justice pourrait le poursuivre pour avoir publié en 2010, via WikiLeaks, 500 000 documents classés secret-défense sur l’Irak et l’Afghanistan, et près de 250 000 communications diplomatiques. « Les charges ont été levées par le procureur suédois après quatre ans et demi, cinq ans de procédure, parce qu’il n’y avait pas de charges. Les accusations étaient tout à fait non fondées, c’était donc finalement une répression qui était utilisée pour le museler. Le procès suédois avait pour objectif de le salir et a eu pour conséquence qu’il a dû, pour éviter d’être envoyé aux États-Unis, se réfugier dans l’ambassade », a rappelé, mardi, à la RTBF, son avocat, Christophe Marchand.
Les autorités équatoriennes souhaitent désormais s’entretenir avec la défense de Julian Assange afin, disent-elles, de trouver une solution « durable » à une situation « dont le gouvernement actuel a hérité ». Durant la campagne électorale présidentielle, Lenin Moreno s’était pourtant engagé à pérenniser l’asile du fondateur de WikiLeaks. Désormais élu, et assumant franchement sa rupture politique avec la gauche, le chef de l’État estime que l’affaire Julian Assange est un « caillou dans la chaussure » de la diplomatie équatorienne, à l’heure où il multiplie les rapprochements avec les exécutifs de droite de la région, mais surtout avec les États-Unis. Quito entend sceller au plus vite un accord commercial avec Washington, estimant être à la remorque de la Colombie ou encore du Pérou, grands alliés de la première puissance mondiale.
Le oui à la consultation de dimanche a largement été remporté par le chef de l’État, qui signe la fin d’un cycle de transformations promues par Rafael Correa.
Une page se tourne en Équateur. Dimanche, une majorité d’électeurs – 64 % – s’est prononcée en faveur des trois questions polémiques sur les sept soumises à référendum par le président Lenin Moreno qui, pour l’occasion, a bénéficié d’un large éventail de soutiens allant de l’ultradroite à l’extrême gauche. Ce résultat augure la fin d’un cycle, après plus de dix ans de transformations sociales initiées par l’ancien chef de l’État et figure de la gauche continentale, Rafael Correa, qui aura été l’un des adversaires les plus acharnés de son successeur. « La lutte continue », a-t-il assuré. L’instigateur de la révolution citoyenne entend désormais poursuivre son engagement dans l’opposition au sein d’un mouvement éponyme fondé pour mener la bataille du non.
« Les vieux politiques ne reviendront pas »Dimanche donc, le oui l’a emporté aux trois questions qui ont cristallisé l’affrontement politique de ces derniers mois. L’abolition de la loi dite de plus-value, censée combattre la spéculation sur l’impôt et les profits dans le cadre de la vente de biens et d’immeubles, a été vilipendée par les correistes qui voyaient là un cadeau fiscal aux foyers les plus aisés. L’autre question, à savoir la destitution des membres du Conseil de participation citoyenne et du contrôle social (CPCCS), a également donné lieu à de vives passes d’armes, d’aucuns estimant que Lenin Moreno allait faire main basse sur ce contrepouvoir en désignant, à sa convenance, les plus hauts responsables de pouvoirs publics de premier plan. Enfin, la limite des mandats électoraux, visant, dans les faits, à interdire à Rafael Correa de se représenter en 2021, a consommé la rupture entre les deux camps.
À l’annonce des résultats, Lenin Moreno, qui fut le vice-président lors du premier mandat de Correa, a tancé son prédécesseur. « Les vieux politiques ne reviendront pas. Ils ont l’obligation de se renouveler », a-t-il assuré depuis le palais présidentiel de Carondelet, à Quito. Il ne s’est pas privé non plus de charger son ancien ami sur les réseaux sociaux. « Les politiques qui désiraient s’éterniser ne reviendront plus jamais », a-t-il rédigé sur son compte Twitter.
Des médias très majoritairement acquis au ouiLa violence des propos est à l’image de la campagne très clivée entre les anciens frères de route de la révolution citoyenne. Mais « le triomphe du oui », comme l’a qualifié Lenin Moreno qui a appelé les partis politiques à se rénover, n’est pas forcément synonyme de victoire et de coudées franches pour l’avenir. Les 36 % obtenus par le non démontrent une assise sociale ancrée du courant de pensée de Rafael Correa qui, sitôt les résultats connus, a rappelé l’adversité du contexte dans lequel il a dû livrer bataille, en affrontant un Conseil national électoral qui avait refusé d’homologuer sa formation, ou encore des médias ultramajoritairement acquis au oui. « Ils ont obtenu 64 %, mais ils étaient 37 organisations politiques. Combien de pères (vont revendiquer) cette victoire ? » s’est-il amusé à demander. Lenin Moreno devra en effet se livrer à un drôle de numéro d’équilibriste pour contenter ses appuis, qui vont de la droite réactionnaire — à commencer par la formation du multimillionnaire et candidat malheureux à la présidence, Guillermo Lasso — jusqu’au Parti socialiste, en passant par des organisations sociales et indigènes. Le front « anti-Correa » a certes fonctionné à bloc ces derniers mois. Mais les trois ans de mandat risquent de s’avérer autrement plus longs et périlleux sans une majorité claire.
La consultation de dimanche promue par le président Moreno, successeur du président de gauche Rafael Correa, entérine la fin d’un cycle.
L’avenir de la révolution citoyenne en Équateur était censé se jouer lors de la présidentielle du 2 avril 2017, lorsque Lenin Moreno, successeur de Rafael Correa, devait poursuivre les transformations sociales initiées dans le pays andin dix ans plus tôt. Il affrontait alors le candidat de la droite oligarchique et multimillionnaire Guillermo Lasso. Le duel fut remporté par la gauche, assurant ainsi, du moins le croyait-elle, une continuité politique. Il n’en est rien. Depuis des mois, la fracture entre l’ex-président Correa et Moreno est plus que consommée. L’Alianza Pais, la coalition au pouvoir, a explosé en vol. La majorité de gauche à l’Assemblée n’est plus qu’un fantôme.
L’expérience alternative a été cannibalisée de l’intérieur, comme en atteste le référendum de dimanche. Plus de 13 millions d’Équatoriens doivent se prononcer sur sept questions qui entérinent non pas une guerre des chefs, mais la fin d’un processus. Certaines problématiques soumises au vote sont convenues : déchéance des mandats d’élus politiques condamnés pour corruption, protection de l’enfance en cas d’abus sexuel, prohibition de l’exploitation des ressources minérales et, singulièrement, de l’activité minière, ou encore limitation de l’extraction pétrolière dans la réserve naturelle du parc Yasuni.
D’autres questions, en revanche, augurent de changements institutionnels controversés. Pour les corréistes, outre le fait que la Cour constitutionnelle n’a jamais eu son mot à dire sur la légalité du référendum, trois questions relèvent, à leurs yeux, d’un arbitraire dangereux. La deuxième question vise, en effet, à imposer une limite des mandats électoraux afin, sans toutefois le dire, d’interdire de facto à Rafael Correa de se représenter lors de la prochaine présidentielle, au nom, expliquent les morenistes, du risque d’une ré-élection indéfinie, comme s’il suffisait d’être candidat pour être élu à vie. Lenin Moreno s’est même complu à mettre en garde contre « les démocrates déguisés qui ont des intentions dictatoriales », en référence à Rafael Correa. La sixième question touche au cœur des très timides réformes économiques, dictées ces dernières années par Quito. Elle préconise d’abolir la loi dite de plus-value, censée pourtant combattre la spéculation sur l’impôt et les profits dans le cadre de la vente de biens et d’immeubles. Mais c’est sans doute la troisième question qui a soulevé les critiques les plus acerbes puisque, en cas de victoire, elle démolirait l’essence du Conseil de participation citoyenne et du contrôle social (CPCCS), un organe de contre-pouvoir chargé de désigner nombre de responsables de pouvoirs publics dont le procureur général, le Conseil national électoral. Le nouveau CPCCS serait composé de personnes directement désignées par Lenin Moreno jusqu’aux prochaines échéances électorales de 2019.
La campagne référendaire a donné lieu à des passes d’armes fratricides. L’ex-chef de l’État, Rafael Correa, dont plus d’un critiquait l’hyper-présidentialisme, a été violemment pris à partie, faisant craindre un totalitarisme présidentiel des plus inquiétants. Les désormais dissidents d’Alianza Pais se sont vu interdire de déclarer officiellement leur nouvelle formation, la Révolution citoyenne, auprès du Conseil national électoral. Lors du scrutin de dimanche, seuls les partisans de Moreno et des formations de droite, dont celle de Guillermo Lasso, qui ont apporté un soutien précieux au président, seront présents dans les bureaux de vote.
Le candidat de la gauche affronte, dimanche, lors du second tour de la présidentielle, la droite néolibérale de l’ex-banquier Guillermo Lasso. Il entend inscrire son action dans le sillage de la « révolution citoyenne » de Rafael Correa. Portrait.
Lenin Moreno se raconte. Aujourd’hui âgé de 68 ans, il aime à rappeler qu’il a appris la solidarité auprès des siens, de ses parents plus exactement, lorsque, instituteurs au cœur de l’Amazonie équatorienne, ces derniers accueillaient dans leur foyer leurs élèves de condition si humble. À la fin des années 1960, il se frotte aux mouvements estudiantins. Il découvre le partage au sein des communautés indigènes, où il participe à un programme d’alphabétisation. Il rencontre le prêtre Leonidas Eduardo Proaño Villalba, l’une des figures de la théologie de la libération du pays andin. Puis, il rejoint le Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) et rêve de transformer la société équatorienne, profondément meurtrie par le racisme et l’exclusion sociale. Enfin, en 1998, une agression à main armée va profondément bouleverser sa vie. Gravement blessé au dos, il devient tétraplégique. Cloué dans un fauteuil roulant, il remonte la pente grâce à « la bonne humeur, l’optimisme, la solidarité ». « À chaque fois que je les pratique, ils ont un effet analgésique », assure-t-il, allant même jusqu’à ériger l’humour en thérapie.
« Savoir où l’on va, c’est savoir d’où l’on vient »Le 2 avril, Lenin Moreno se frotte à un autre défi. Le candidat de la coalition Alliance Pays (AP) entend succéder au président Rafael Correa. Il affronte dans les urnes l’ex-banquier Guillermo Lasso, après l’avoir largement devancé le 19 février dernier, avec 39,36 % des suffrages, frôlant de peu l’élection dès le premier tour. Lenin Moreno ne cesse d’interpeller les Équatoriens sur les deux visions du pays qui s’affrontent. « Une patrie de citoyens ou un pays où nous ne somme vus que comme des clients » ou encore « une société humaine et solidaire ou un pays gouverné par une élite économique qui ne comprend la santé que privatisée et la sécurité sociale » ravalée au rang de « zone franche » du marché, prévient-il.
« Savoir où l’on va, c’est savoir d’où l’on vient », insiste Lenin Moreno. Un scrutin sonne toujours l’heure des bilans. À l’occasion de ce treizième scrutin depuis la première victoire de la « révolution citoyenne », en 2006, l’aspirant aux plus hautes fonctions de l’État insiste sur le combat contre les inégalités sociales qui a sorti de la pauvreté 2 millions d’Équatoriens sur une population totale de 16 millions. Durant son mandat de vice-président (2007-2013), il a promu deux programmes sociaux – Manuela Espejo et Joaquín Gallegos Lara –, en direction des personnes souffrant de déficiences physiques et mentales, la reconnaissance sociale de ces personnes, des aides au logement et un statut pour les proches qui les soignent à la clé. Une loi contraint depuis les entreprises à embaucher des personnes handicapées. Un travail de reconnaissance et d’inclusion sociale qui a valu à Lenin Moreno de figurer parmi la liste des nominés au prix Nobel de la paix en 2012. La mission Manuela Espejo a depuis fait des émules en Haïti, au Honduras, au Chili…
Des détracteurs n’ont pas hésité, au contraire, à distiller l’idée selon laquelle le handicap physique de Lenin Moreno ne serait pas compatible avec la fonction de président, la journaliste Janeth Hinostroza le taxant même « d’invalide » au cours d’un programme télévisé. « Invalide ne veut pas dire incapable », se plaît à rétorquer le candidat d’Alliance Pays qui fut d’ailleurs l’envoyé spécial pour le handicap et l’accessibilité du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, en 2013.
Lenin Moreno plaide aujourd’hui pour un « plan de la vie » qui comprend, entre autres, un « programme agressif » de construction de plus de 300 000 logements sociaux. Il défend des structures économiques moins dépendantes de la rente pétrolière face à un adversaire de droite arc-bouté contre l’État, les impôts et les dépenses publiques. « Lenin Moreno est une grande chance (…)Regardez la télévision et voyez les grèves en Argentine et au Brésil (…) Ils veulent planter le drapeau yankee » en Amérique latine, a déclaré Diego Maradona, le célèbre footballeur argentin qui a apporté son soutien à la gauche équatorienne après les basculements de plusieurs nations progressistes dans l’escarcelle de la réaction conservatrice.
Quatre instituts de sondage s’accordent sur la victoire de la gauche. D’après Perfiles de Opinion, Lenin Moreno obtiendrait 57,6 % des suffrages, contre 42,4 % pour son adversaire, Guillermo Lasso. Pour Market, Alliance Pays totaliserait 52,1 % et Creo 47,9 %. CMS octroie à Moreno 52,3 % des voix, contre 47,7 % pour Lasso. Enfin, Cedatos prévoit un succès de l’ex-vice-président avec 52,4 % sur l’ex-banquier, crédité de 47,6 %.
Le candidat de gauche est arrivé en première position mais pourrait avoir à disputer un second tour.
Lenin Moreno s’est hissé à la tête de l’élection présidentielle équatorienne qui avait lieu dimanche, en obtenant pas moins de 39,1 % des suffrages sur les 87,5 % de votes dépouillés. Le candidat de gauche d’Alliance pays (AP) devance ainsi nettement le mandataire de la droite, Guillermo Lasso, qui totalise 28,2 %. Mais rien n’est encore joué, du moins à l’heure où ces lignes sont écrites. Si Lenin Moreno parvient à franchir la barre des 40 % avec une avance de 10 % sur son principal concurrent, il sera alors proclamé président. À défaut, un second tour départagerait les deux hommes, le 2 avril.
Concernant les législatives, Alliance pays fait un carton puisque le mouvement remporte une majorité absolue avec 73 sièges sur les 137 que compte l’Assemblée nationale.
Vers une réduction des inégalités socialesIl s’agissait là du treizième scrutin national depuis la première victoire de la « révolution citoyenne », initiée par Rafael Correa lors son accession au pouvoir en 2006. Les 12,5 millions d’électeurs devaient se prononcer sur la continuité ou non des changements sociopolitiques qui ont, notamment, contribué à réduire les inégalités sociales en extirpant 2 millions d’Équatoriens de la pauvreté. Lenin Moreno a plaidé durant la campagne pour une seconde révolution à même de transformer la « matrice productive ». Ce pays producteur de pétrole souffre, en effet, depuis deux ans, de la chute du cours de l’or noir et de la hausse du dollar en raison de son hyperdépendance aux exportations des matières premières et à la dollarisation de son économie. Une vision aux antipodes de celle des principaux concurrents de Lenin Moreno, qui n’ont cessé de pourfendre, entre autres, les services publics ou encore la politique fiscale redistributive du gouvernement de Rafael Correa. À la tête de la formation néolibérale Creo (Créant des opportunités), Guillermo Lasso s’est fait fort de fustiger un État trop régulateur à son goût. Cet ancien banquier, déjà candidat malheureux à la présidentielle, a foncé bille en tête contre les impôts auxquels sont soumises les grandes entreprises. Il s’est par ailleurs engagé, en cas de victoire, à expulser le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, de l’ambassade équatorienne à Londres, où ce dernier est réfugié depuis plus de quatre ans.
En cas de ballottage à la présidentielle, la partie s’annonce serrée. Forte de son score de 16,3 %, Cynthia Viteri, la candidate du Parti social-chrétien, dont le programme est très similaire à celui de Lasso, a d’ores et déjà appelé ses électeurs à reporter leur vote sur Creo.
Les Équatoriens élisent ce dimanche leurs président et députés. Lenin Moreno, aspirant aux plus hautes fonctions de l’État, entend approfondir les politiques d’inclusion sociale et avancées économiques de son prédécesseur, Rafael Correa.
Élu président à la surprise générale en 2006, Rafael Correa passe aujourd’hui la main. L’élection de cet économiste aux plus hautes fonctions de l’Équateur avait alors pris tout le monde de court. À l’époque, la nation andine n’était plus que l’ombre d’elle-même. L’État n’en avait que le nom, tant son rôle et ses missions avaient été réduits à la portion congrue. L’économie était asservie aux organismes financiers internationaux, conséquence de la dollarisation. Avec son mouvement Alliance Pays (AP), Rafael Correa bouscule ce décor moribond, en s’inscrivant dans la dynamique des changements structurels à l’œuvre avec l’avènement des gouvernements de gauche et de centre gauche dans l’hémisphère Sud du continent. Il impose alors son propre sillage avec « la révolution citoyenne », que ses partisans qualifient de décennie « gagnée ».
Dimanche 19 février, c’est Lenin Moreno, vice-président de 2007 à 2013 (voir encadré), qui défendra les couleurs de l’AP, mais surtout le bilan des politiques d’inclusion et de justice sociale de ces dix dernières années. Les Équatoriens décideront également de la majorité qui siégera dans la future Assemblée nationale aujourd’hui dominée par la gauche. « Le triomphe de Rafael Correa a été le fruit des luttes politiques que nous avons menées durant plusieurs décennies lorsque l’Équateur n’était qu’obscurité », affirme Patricia Sosa, candidate suppléante aux élections législatives, qui fut contrainte à l’exil durant la dictature après avoir été durement emprisonnée.
Le « bien-vivre », déclencheur des grandes réformes à l’œuvreLa proclamation d’une nouvelle Constitution en 2008, qui consacre le « bien-vivre », aura été le déclencheur des grandes réformes à l’œuvre. « Durant dix années de pouvoir, nous avons investi dans l’éducation publique, là où il n’y avait qu’un champ de honte. Nous avons dû réaliser un énorme travail en direction des Équatoriens qui ont dû fuir en raison de la grave crise économique, conséquence de la fraude bancaire. Près de 3 millions de nos concitoyens se trouvaient quasiment à l’abandon. Deux millions de personnes ont été extraites de la pauvreté. Il reste encore beaucoup à faire, notamment en matière d’infrastructures, mais on ne change pas radicalement le cours des choses, pas même en dix ans, poursuit-elle. Jamais auparavant un gouvernement n’avait engrangé autant d’égalité et de justice sociales. Avec Lenin Moreno nous entendons approfondir les grands axes de la révolution citoyenne. »
Rien n’aurait été possible sans la refonte d’un État fort, régulateur. Dans le domaine agraire, plus de 580 000 hectares ont été octroyés à 19 000 communautés ces six dernières années. Mais c’est surtout dans les champs éducatifs que les changements ont été les plus spectaculaires. « Une des grandes victoires de la révolution citoyenne a été la gratuité de l’enseignement supérieur. On a mis l’accent sur la qualité (…). Nous sommes maintenant le pays latino-américain qui investit le plus dans l’enseignement supérieur, avec 2,13 % du PIB. La moyenne sur notre continent est de 0,8 % (…). Le ministère de l’Éducation, le plus gros budget de l’État équatorien, lui consacre 12 % de son budget. On ne peut avoir de la diversification de l’économie sans insister sur l’éducation », rappelait dans nos colonnes, il y a encore un an, le ministre Guillaume Long.
Le candidat Lenin Moreno ainsi que les aspirants parlementaires plaident, après cette révolution éducative, pour une « révolution productive ». Actuellement, l’agriculture, la manufacture, le commerce et la construction sont des secteurs de poids de l’économie nationale puisqu’ils représentent 43,4 % du PIB. Mais le pays reste extrêmement dépendant des exportations de ses matières premières, à commencer par le pétrole, dont la chute des cours a privé l’État d’une manne financière précieuse. « Nous devons changer de matrice productive pour ne plus être exclusivement un pays exportateur de matières premières, mais de produits finis. Ce sera l’une des priorités du prochain gouvernement. Ce changement favorisera la création d’emplois, alors que nous avons un chômage aux alentours de 5,6 %, en raison de la baisse du cours du pétrole et des tremblements de terre de l’année dernière », qui ont grandement fragilisé l’économie, soutient la candidate Patricia Sosa.
Pour un système d’impôts plus efficace et progressifEn matière de politiques sociales, le programme de Lenin Moreno ambitionne d’approfondir les programmes en cours avec, notamment, un plan de construction de logements sociaux estimée à 900 millions de dollars. Pour l’ancien vice-président, la viabilité d’un système public garant des droits sociaux repose sur « une souveraineté fiscale ». Il plaide d’ailleurs pour la révision de certains impôts afin que le système soit plus efficace et progressif. Mais, sur ce point, la partie s’annonce serrée. Il y a moins de deux ans, Rafael Correa a dû céder face à la pression, parfois violente, de l’opposition de droite et d’une partie de la classe moyenne, sur deux projets de loi emblématiques : la taxation des héritages et les plus-values immobilières ainsi que la spéculation terrienne. Des réformes censées combattre l’évasion fiscale et qui ne concernaient que 2,5 % des Équatoriens, qui concentrent à eux seuls 90 % des richesses des entreprises, soit 40 000 personnes sur les 16 millions d’habitants que compte le pays. Parmi les fervents détracteurs de ces projets de loi figurait Guillermo Lasso, dont la rémunération mensuelle s’élevait il y a quelques années de cela à 70 000 dollars, l’équivalent de vingt ans de salaires d’un ouvrier (le salaire minimum est de près de 300 dollars). Cet ex-banquier, déjà candidat à la présidentielle par le passé, retente sa chance avec sa formation néolibérale, Creo (Créer des opportunités). Avec Cynthia Viteri, du Parti social-chrétien, ils sont les principaux concurrents de Lenin Moreno, grand favori, selon les enquêtes d’opinion, sur les huit candidats en lice. Ces deux adversaires ont mené campagne tambour battant pour la « libéralisation » de l’économie et la suppression d’impôts qui ne concernent dans les faits que les secteurs bancaires et exportateurs. Ils préconisent la « rationalisation des dépenses publiques » et du nombre de fonctionnaires – les moins nombreux des pays de la région –, concentrés surtout dans les secteurs de la santé et de l’éducation… C’est peu dire que les Équatoriens départageront dimanche deux projets de société, deux visions de l’État.
Avec Jorge Glas, son binôme à la vice-présidence, Lenin Moreno briguera le 19 février les plus hautes fonctions de l’État. Homme politique de 63 ans, il entend poursuivre les politiques d’inclusion sociales menées par Rafael Correa ces dix dernières années. Lenin Moreno est bien connu des Équatoriens pour avoir occupé le poste de vice-président du pays andin de 2007 à 2013. À cette époque, il devient l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, chargé des questions de déficience et d’accessibilité. On vante volontiers ses qualités humaines et son courage après avoir subi une attaque où il a été grièvement blessé par balles à la colonne vertébrale, entraînant une paralysie totale de ses membres inférieurs.
Nina Faure et Pierre Carles étaient venus en Équateur pour comprendre les recettes antilibérales d’un président qui ne sera pas candidat en 2017. Ils montrent un pays en ébullition.
Rafael Correa, économiste de formation, a été élu président de l’Équateur en 2007. Pendant que le discours de l’austérité lie les mains de nombreux gouvernements, il s’engage à contre-courant, dans une politique antilibérale. Les résultats suivent. La pauvreté baisse de vingt points, les inégalités reculent. Le pétrole représente 70 % des exportations et permet de financer le modèle social. Le documentariste Pierre Carles avait réalisé un film sur lui en 2015, s’intitulant Les ânes ont soif, interrogeant les médias sur leur silence à l’égard de cette expérience. On revient de loin, coréalisé avec Nina Faure, en est la suite.
En 1999, les politiques ultralibérales provoquent une grande crise bancaire dans le pays, suivie d’une dollarisation de leur économie. L’Équateur passe alors du 72e au 91e rang mondial en termes de pauvreté. En 2008, Rafael Correa fait adopter, après un processus impliquant les citoyens, une nouvelle Constitution novatrice et pacifiste. C’est la première fois de l’histoire que l’on reconnaît des droits propres à la nature. Un principe de citoyenneté universelle est reconnu, ce qui fait de ce pays un des plus accueillants avec les étrangers. Les dettes sont considérées illégitimes si elles nuisent au bien-vivre du pays. Ainsi, l’État équatorien a refusé de payer une partie de sa dette et a pu mener une politique d’investissement dans la santé et l’éducation. Et le pétrole, dont 85 % des bénéfices allaient dans les poches de multinationales, a été renationalisé, si bien que leur part n’est plus que de 15 %, le reste sert donc au pays. Tout n’est pas rose pour autant. Les réalisateurs découvrent un pays en tension. Les reproches fusent sur la méthode autoritaire de Correa, les rues s’embrasent. À l’approche des élections de 2017, auxquelles Correa ne sera pas candidat, le pays est en ébullition. Et s’interroge sur son avenir politique. Les auteurs s’interrogent eux-mêmes dans ce film réussi qui donne à voir une situation méconnue.