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Par Anonyme, le 19.11.2025
salutations s'il fallait parler de toutes les horreurs actuelles, cela ferait un sacré bouquin
cordialement
Par pat, le 10.11.2025
et pour les chrétiens massacrés en terre musulmane; on fait quoi ???? http://arbraca mes.centerblog .net
Par pat, le 09.05.2025
entierement d'accord ..... http://arbraca mes.centerblog .net
Par pat, le 09.05.2025
encore un fameux rigolo ............. la france est perdue ce n'est plus qu'une question de temps .... http://
Par pat, le 09.05.2025
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Date de création : 31.03.2011
Dernière mise à jour :
27.01.2026
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En Italie, la ville calabraise de Riace est devenue modèle dans l’accueil des migrants. On le doit à son maire, Domenico Lucano, qui a permis l’installation d’exilés dans des appartements vides.
Après six jours d’errance, les migrants recueillis par les gardes-côtes du navire Diciotti sont arrivés lundi à Catane. Ils restent à quai avant un hypothétique transfert à l’étranger.
Dans l’ignominie du traitement, par le gouvernement italien, des migrants en Méditerranée, un nouveau terme apparaît : « escale technique ». Lundi après-midi, le ministre des Transports Mouvement 5 étoiles (M5S), Danilo Toninelli, a enfin autorisé à accoster, à Catane, le bateau des gardes-côtes italiens Ubaldo-Diciotti, saluant le travail des fonctionnaires. Depuis six jours, ces hommes, dont il a la tutelle, attendaient de pouvoir débarquer les 177 migrants qu’ils avaient sauvés. C’était sans compter Matteo Salvini, vice-président du Conseil, sinistre ministre de l’Intérieur, et surtout chef du parti d’extrême droite la Ligue. Celui-ci a tout simplement interdit aux migrants de mettre pied à terre, seul l’équipage étant autorisé à descendre.
« Soit l’Europe décide sérieusement d’aider l’Italie concrètement, à partir par exemple des 180 migrants à bord du navire Diciotti, soit nous serons contraints de (…) raccompagner dans un port libyen les personnes secourues en mer », a-t-il menacé. « Ces dernières années, l’Italie a accueilli 700 000 migrants arrivés par la Méditerranée. 160 000 sont encore nos hôtes à nos frais, tente-t-il de justifier. Cela suffit. Les bornes ont été dépassées. Ou l’Europe prend les choses au sérieux, ou nous commencerons à ramener dans les ports de partance tous les nouveaux arrivés. »
Parmi les exilés, on compte 28 mineurs non accompagnésLe navire est bien arrivé à destination, à 23 h 30 lundi, mais les migrants sont bloqués. Une solution indigne, fruit d’un compromis entre ministres. Parmi les exilés, on compte 28 mineurs non accompagnés, selon l’ONG Save the Children. Afin de contenter tout le monde, les autorités italiennes ont entamé des discussions avec les institutions européennes. « Le gouvernement italien estime indispensable que la Commission assume directement l’initiative d’identifier les pays disponibles pour accueillir les personnes sauvées », a écrit sur Twitter le ministre des Transports. En attendant, en Italie, le Défenseur des droits Mauro Palma a rappelé au gouvernement « l’urgence humanitaire » de la situation et le besoin de respecter les droits des demandeurs d’asile.
Sûrement, cette fois-ci encore, une solution sera-t-elle trouvée et les migrants répartis entre pays de l’Union européenne (UE), au nom de la relocalisation des réfugiés. Mais pour combien de temps encore ? Aucun mécanisme permanent n’a été négocié entre les Vingt-Huit, qui gèrent les arrivées de navires au cas par cas.
La solution évoquée par Matteo Salvini, reconduire ces derniers dans leur port de partance, c’est-à-dire en Libye, gagne du terrain. Dans un entretien téléphonique avec son homologue maltais Joseph Muscat, Sebastian Kurz, le chancelier autrichien, aurait déclaré que les migrants devaient être repoussés aux frontières de l’UE et renvoyés dans leur pays d’origine ou de transit. Déjà, en juillet, l’idée de mettre en place des plateformes de débarquement dans des pays tiers avait été discutée entre chefs d’État et de gouvernement.
Si, sur le terrain européen, Mouvement 5 étoiles (M5S) et Ligue gagnent des points, en ralliant à leurs vues sur l’immigration une partie de plus en plus importante des exécutifs, en Italie, l’entente cordiale n’est plus toujours de mise. La gestion du drame de Gênes, où un viaduc s’est effondré en tuant 43 personnes le 14 août, le montre. Les démagogues du Mouvement 5 étoiles, leur chef politique Luigi Di Maio et le ministre des Transports, Toninelli, avaient annoncé un retrait des concessions routières à la société Autostrade per l’Italia, gestionnaire du pont. La Ligue, parti longtemps allié à la droite berlusconienne, freine des quatre fers. Giancarlo Giorgetti, sous-secrétaire d’État à la présidence du Conseil, a ainsi déclaré lundi à Rimini ne pas être « persuadé que la gestion de l’État soit plus efficace », devant un parterre de catholiques ultraconservateurs de Communion et libération. Il faut dire qu’il est fort probable qu’en cas de renationalisation, des pénalités seront à payer, de l’ordre de 20 milliards d’euros. S’il faut ne pas respecter la limite des 3 % de PIB de déficit fixée par Bruxelles, ce doit être pour un plan de maintenance des infrastructures et surtout pour des baisses d’impôts qui satisfassent sa base d’entrepreneurs du nord du pays, estime-t-on à la Ligue. Une tâche ardue alors que jamais, depuis des années, les taux d’intérêt sur la dette italienne n’ont été aussi hauts.
Multiplication des violences
La scène se déroule ce week-end à Vasto, dans les Abruzzes, et en dit long. Un restaurateur cherche à mettre l’ambiance. Il passe Faccetta nera à plein tube. Cette chanson fait l’éloge de la colonisation de l’Abyssinie, dans l’est de l’Afrique… en omettant les massacres perpétrés par l’envahisseur fasciste. Un homme proteste. Il est alors agressé par le patron du bar et finit aux urgences. Après l’élection du 4 mars dernier, les actes de violence se multiplient, notamment contre les étrangers. Depuis le début du mois, au moins six migrants ont été victimes d’agressions racistes, dont quatre par arme à feu.
Le gouvernement italien prend des mesures contre le concessionnaire du viaduc qui s’est effondré, faisant 40 morts. Atlantia est un colosse dans le domaine des transports, sur les rangs pour s’emparer, l’an prochain, d’Aéroports de Paris.
Dix secondes ont défiguré la ville de Gênes. Mardi matin, une partie du pont qui surplombe la capitale ligure, survolant des immeubles et une usine, s’est effondrée au cours d’un orage. Alors que 400 pompiers poursuivaient les recherches pour localiser les disparus, on comptait hier 16 blessés et pas moins de 39 morts, dont quatre Français. Comme il aurait été possible de le dire à l’occasion d’autres drames, Francesco Cozzi, le procureur de Gênes, dépêché sur les lieux, a tenu à rappeler : « Il ne s’agit pas d’une fatalité, mais d’une erreur humaine. »
1 UN pont avec une CONCEPTION d’un autre âgeLe pont Morandi, un viaduc de 1,182 kilomètre de long, s’est effondré sur une longueur de 207 mètres. L’avenir de cet ouvrage posait question ces dernières années, tant sa conception est aujourd’hui dépassée. Quand il est inauguré, en 1967, il fait pourtant figure de structure moderne, au point d’être surnommé « pont de Brooklyn ». La technique utilisée alors par l’ingénieur Riccardo Morandi est celle du béton précompressé, qui remplace les haubans en acier. Cela a entraîné une rigidité de l’infrastructure d’autant plus mise à mal que le trafic est en hausse : on compte 4 000 camions qui sortent quotidiennement du port de Gênes et utilisent ce tronçon. « On n’a pas tenu compte à l’époque des continuelles vibrations du trafic, car le ciment se microfissure et laisse passer l’air, qui rejoint la structure interne en métal et la fait s’oxyder », résume Diego Zoppi, ancien président de l’ordre des architectes de Gènes, qui dénonce « la confiance illimitée dans le béton armé dans les années 1950 ». Rédacteur en chef de la revue Progressistes et professeur de génie civil, Amar Bellal relève, dans une tribune publiée sur l’Humanité.fr : « Il faut que les haubans soient accessibles pour les contrôles, pour la maintenance, pour les remplacer. Pour des câbles en acier, c’est assez facile, mais pour une longue poutre précontrainte inclinée, c’est beaucoup moins évident à faire », explique-t-il.
Le pont faisait constamment l’objet de travaux. C’était encore le cas au moment de l’effondrement. Mais ces opérations de maintenance n’étaient pas suffisantes. Les parties du viaduc restées intactes mardi sont celles qui ont fait l’objet d’interventions dans les années 1990 pour être renforcées. Début septembre, un chantier de 20 millions d’euros avait été lancé pour rénover la partie du pont qui s’est effondrée.
La question de la substitution de ce pont, par lequel transitent les véhicules entre Vintimille et Savona, par l’A10, était posée, certains dirigeants politiques ou économiques le jugeant dangereux. L’hypothèse d’un contournement par le nord de la capitale ligure, qui aurait permis, au moyen de nouveaux tunnels et viaduc, de réduire, voire d’arrêter le trafic sur le pont Morandi, était sur la table : le projet Gronda. Du fait d’une forte présence d’autoroutes de la région Ligurie, celui-ci a, depuis les années 1990, rencontré une opposition d’une partie des écologistes, et après 2009… du Mouvement 5 étoiles (M5S) naissant. Les responsables locaux de celui-ci y voyaient un symbole des « grands travaux inutiles ». En 2013, le site du M5S reprenait un communiqué des opposants au projet qualifiant de « fable » le risque d’effondrement imminent du pont Morandi, et estimant qu’il pourrait encore durer « cent ans ». Depuis son arrivée en juin, le ministre des Transports, Danilo Toninelli (M5S), avait placé le projet Gronda sur la liste des projets d’infrastructures à réviser ou à abandonner.
2 LA PRIVATISATION des autoroutes DÉNONCÉEHier, les responsabilités du gestionnaire du viaduc, qui n’a pas procédé aux investissements nécessaires, étaient dénoncées. « Les autoroutes ont été privatisées depuis 1999 et, depuis 2012, l’A10 a été mise en concession à la société Autostrade per l’Italia, qui contrôle 3 200 kilomètres dans toute la Péninsule. Le privé a-t-il fait son devoir ? », interroge Maurizio Acerbo, secrétaire du Parti de la refondation communiste. Cette critique n’est pas cantonnée à la gauche antilibérale de l’échiquier politique. Le ministre des Transports, Danilo Toninelli (M5S), a exigé, sur le réseau social Facebook, la démission de la direction d’Autostrade per l’Italia et annoncé le lancement de procédures pour « révoquer les concessions de l’entreprise » et administrer une amende, « jusqu’à 150 millions d’euros ». Le concessionnaire est d’autant plus dans le viseur de l’opinion publique que les péages des autoroutes ligures sont particulièrement chers.
De plus, il appartient à un colosse des infrastructures de transports en Europe, Atlantia, contrôlé par la famille Benetton. Ce groupe, qui a dégagé un bénéfice de 1,7 milliard d’euros en 2017, est présent sur plusieurs continents. Il gère l’Aéroport de Nice, possède des parts dans Eurotunnel, et il a mis la main sur la Société des autoroutes du nord et de l’est de la France (Sanef) en acquérant cette année l’espagnol Albertis. Il est dans les starting-blocks pour profiter de la privatisation d’Aéroports de Paris.
3 Des infrastructures vétustesCette affaire a mis en lumière l’état déplorable des infrastructures italiennes. Le gouvernement a annoncé avoir lancé un plan de maintenance dès son arrivée au pouvoir. Il faut dire qu’il y a urgence. Des trains déraillent. 85 personnes sont mortes dans des éboulements ces douze dernières années dans la seule partie nord de l’Italie. On ne compte plus les pans de murs qui tombent sur des élèves dans les écoles. À Fermo, en mai, on a évité le pire : le plafond s’est effondré sur une classe juste avant l’entrée des enfants. Hier, le Conseil des géologues pointait que l’essentiel des infrastructures ont « été construites dans les années 1960-1970 », et ne répondent pas aux normes ni à la charge d’utilisation d’aujourd’hui, particulièrement d’un point de vue de la « sécurité sismique et géologique ». Des « milliers de ponts et viaducs rentrent dans cette case », alertent-ils, appelant à un plan national de maintenance des constructions.
Les élus d’extrême-droite de Frères d’Italie ont fait voter jeudi, avec l’appui de ceux du Mouvement 5 étoiles, un vœu pour nommer une rue de la capitale italienne Giorgio Almirante, la plus importante figure néofasciste de l’après-guerre. La maire Virginia Raggi va présenter une motion pour annuler cette décision.
La dirigeante du parti néofasciste Frères d’Italie Giorgia Meloni exultait, jeudi, sur le réseau social Tweeter en saluant une « victoire historique de la droite italienne et romaine ». Son groupe au conseil municipal de Rome, le Campidoglio a fait adopter le principe d’une rue ou d’une place portant le nom de Giorgio Almirante. Ce vœu passe grâce à l’appui au texte du Mouvement 5 étoiles (M5S), qui a voté pour, à l’exception de deux élus.
Plus qu’une rue, Giorgio Almirante aurait mérité la damnation. En 1947, il fut condamné pour collaboration avec les troupes nazies. Il est l’un de ceux qui, au lendemain de la Seconde guerre mondiale, le 26 décembre 1946, refondèrent le Parti national fasciste, sous le nom de Mouvement social italien, dont il devint secrétaire l’année suivante pour trois ans, avant de le redevenir en 1969, jusqu’à sa mort en 1988.
Les responsables de la communauté juive de la capitale, victime de persécutions lors de la fin de la période mussolinienne, se sont, dès jeudi, insurgés contre ce vote. « La décision du conseil municipal de voter une motion pour nommer une rue Almirante est une honte pour l’histoire de cette ville. Qui a été secrétaire de rédaction du Manifeste pour la défense de la race, sans jamais se repentir, ne mérite pas une rue en signe de reconnaissance », ont-ils réagi par communiqué. Dans ce manifeste édifiant, rédigé en 1942 sous le régime de Mussolini, on peut notamment lire : « le racisme doit être la nourriture de tous et pour tous, si nous voulons vraiment qu’en Italie, il y ait, et soit vivante en tous, la conscience de la race ».
Confusion idéologique au sein du M5SLa maire de Rome, Virginia Raggi, est l’une des figures du Mouvement 5 étoiles. Elle était absente, car invitée à une émission de télévision au moment du vote. Elle s’y est dite « surprise » de cette décision, ajoutant prendre acte « de la décision du conseil, qui est souverain, comme l’est le Parlement ». Prenant la mesure des faits, elle s'est ravisée depuis. Elle a annoncé, vendredi, qu'elle présenterait une autre motion, interdisant d'attribuer un nom de rue à des personnalités fascistes, racistes ou antisémites.
L’affaire montre la confusion idéologique, au sein du M5S, parti démagogique, attrape-tout, qui cherche des voix de tous les côtés de l’échiquier politique. Lors d’une rencontre fortuite avec Simone Di Stefano, leader du groupuscule néofasciste Casapound, en 2013, Beppe Grillo, fondateur du M5S avait déclaré : « l’antifascisme est un problème qui ne me concerne pas »… Depuis le début du mois, le Mouvement 5 étoiles a formé un gouvernement avec le parti xénophobe d’extrême droite, La Ligue.
Le parti Frères d’Italie a, un temps, été envisagé pour participer au gouvernement Ligue-Mouvement 5 étoiles, avec Giorgia Meloni au poste de ministre de la Défense. Il s’est abstenu lors de la motion de confiance au gouvernement Giuseppe Conte au Parlement, et pourrait servir d’appoint en cas d’élargissement de la majorité.
Le président de la République a chargé, mercredi, Giuseppe Conte de former un gouvernement. Avocat, professeur de droit, celui-ci siège dans les instances du patronat italien.
Le chef politique du Mouvement 5 étoiles (M5S), Luigi Di Maio, fanfaronnait, mercredi, annonçant même la naissance d’un nouveau régime : « Nous vivons un moment important, car un gouvernement de changement est sur le point d’advenir. La IIIe République est sur le point d’advenir. » Dès la semaine prochaine, les démagogues du Mouvement 5 étoiles et les xénophobes de la Ligue devraient diriger ensemble le pays. Une première ! Leur favori, Giuseppe Conte, a reçu mercredi soir au Quirinale l’investiture de président du Conseil de la part du président de la République, Sergio Mattarella.
Giuseppe Conte, novice en politique, devrait présenter, ce vendredi, son équipe gouvernementale, établie en lien avec le M5S, la Ligue et le chef de l’État. Il pourrait, dès lundi et mardi, briguer la confiance des députés et sénateurs.
Les deux forces de la future coalition gouvernementale se présentent comme « antisystème ». Certes, le M5S, né en 2008, s’est fait connaître par son slogan « Tous à la maison ! », fustigeant un personnel politique corrompu, dispendieux et accusé de ne pas répondre aux demandes populaires. Il a progressé entre 2013 et 2018 aux dépens d’un Parti démocrate de centre gauche, qui, sous la houlette de Matteo Renzi, a appliqué à la lettre les préceptes austéritaires de Bruxelles. Dans la première partie de l’histoire de ce « non-parti antipolitique », quand sa figure de proue était le comique génois Beppe Grillo, les 5 étoiles avaient des mots très durs envers l’euro, au point que, lorsqu’ils entrèrent au Parlement européen, en 2014, ils décidèrent de siéger avec les xénophobes pro-Brexit de l’Ukip. Il affichait un programme écologiste qui prônait une démocratie directe par l’usage d’Internet.
Notabilisation patenteLa page « antisystème » de l’histoire du M5S est bel et bien tournée. Il n’est qu’à voir le profil du premier-ministrable, Giuseppe Conte. Ce professeur de droit, non membre du M5S, adepte du culte de Padre Pio, est loin d’être n’importe quel quidam. S’il a pu dire « avoir le cœur à gauche », il est un avocat d’affaires au service d’entreprises. On l’a vu consultant pour la chambre de commerce de Rome, ou encore auprès de la Banque d’Italie. Il participe à la commission culture de la Confindustria, l’organisation patronale. Quand il participait au comité promoteur de la candidature de Rome pour les jeux Olympiques de 2020, il a rencontré le gratin des dirigeants d’entreprise transalpins. Le ministre des Finances proposé n’est autre que Paolo Savona, certes antisystème pour ses positions atypiques sur la monnaie unique, mais ancien directeur général de la Confindustria.
En réalité, le M5S travaille à sa « normalisation » depuis des années. Par le biais de l’entreprise Casaleggio Associés, qui gère le blog et les votations internes du mouvement, il s’est rapproché des entrepreneurs, tout en critiquant les syndicats pourtant en lutte contre la réforme du marché du travail du premier ministre d’alors Matteo Renzi. Depuis l’an dernier que Luigi Di Maio, parlementaire, est devenu chef politique en remplacement de Beppe Grillo, cette notabilisation et « professionalisation » est patente : les adhérents ont eu un moindre rôle dans la campagne et la constitution du programme. Preuve de cette notabilisation, Luigi Di Maio a un temps voulu s’allier, après les élections du 4 mars, avec le Parti démocrate de Matteo Renzi, qui apparaît comme un symbole de l’« establishment » pourtant décrié.
Un projet national-libéralC’est vers la Ligue qu’il a fini, ce mois-ci, par se tourner. Cette dernière, alliée de Marine Le Pen, n’a rien non plus de subversif. Elle a participé, depuis 1994, aux trois gouvernements Berlusconi, soutenant la réduction de la dépense publique, une mesure qui plaît à sa base sociale de petits entrepreneurs. L’exemple le plus saillant du national-libéralisme de la Ligue est l’inscription dans le programme gouvernemental de la « flat tax », l’impôt sur le revenu à taux unique, qui permettra aux plus riches de ne pas payer plus de 20 % d’impôt sur le revenu.
Pour gouverner, Ligue comme M5S ont amendé leur projet européen. Fini les saillies anti-euro : Giuseppe Conte a été clair, mercredi. L’Italie respectera ses obligations internationales, envers l’Otan et l’Union européenne. Celle-ci sera d’ailleurs ravie d’avoir un garde-chiourme xénophobe en la personne du futur ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, pour repousser les réfugiés.
Le gouvernement n’était pas encore composé, jeudi, que la Ligue était déjà en campagne… pour les élections européennes de 2019. Matteo Salvini tient absolument à voir Paolo Savona, économiste critique envers l’euro, au poste de ministre des Finances. Il estime que cet ancien dirigeant du patronat pourra « remettre l’Italie au centre de l’Europe »,et pourrait « renégocier les normes et règlements pour le bien des citoyens italiens ».La Ligue semble être la grande bénéficiaire de la période écoulée : les sondages lui accordent plus de 20 % d’intentions de vote, plus que les 17 % obtenus le 4 mars dernier.
Dans la Vie parfaite, Silvia Avallone met en miroir le centre et la périphérie de Bologne à travers deux histoires douloureuses de maternité. Un grand roman populaire. Entretien.
Née en 1984 à Biella, dans les Alpes piémontaises, Silvia Avallone est entrée en littérature en 2010 avec D’acier, un premier roman incandescent sur la jeunesse d’une ville ouvrière de Toscane. Après Marina Bellezza (2014), elle poursuit, avec la Vie parfaite, son exploration de l’Italie des marges.
Avec ce roman, aviez-vous envie de parler de la maternité et de ce qu’elle produit selon qu’on est du bon ou du mauvais côté de la barrière sociale ?
Silvia Avallone J’ai commencé à écrire un mois avant d’accoucher. J’ai transposé mes interrogations et mes peurs dans mes personnages : Dora, une femme stérile, et Adele, une jeune fille enceinte par accident. En Italie, la maternité est une question sociale et politique, pas seulement existentielle. Encore aujourd’hui, elle est racontée de manière idyllique, comme une fable où la mère est le personnage central et où le père est tout à fait secondaire. Dans les familles dont je parle, les femmes sont le pivot de la famille, elles renoncent à tout pour les enfants.
Si la maternité est encore une fable en Italie, l’infertilité est-elle un tabou ? C’est une question abordée dans le roman…
Silvia Avallone C’est un tabou absolu. Des gens m’ont raconté la douleur muette de l’infertilité, la honte de ne pas pouvoir engendrer et l’impossibilité de prendre en considération l’adoption. L’idée qu’il faut avoir un enfant du même sang prévaut encore. Ce récit ancestral résiste. En écrivant sur l’adoption, je voulais aussi aborder l’altérité de l’enfant, le fait de pouvoir accueillir une histoire différente. En Italie, l’idée qu’un enfant est une partie intégrante de la mère est très répandue. C’est un sentiment universel, mais dangereux. Le bonheur est dans la séparation, l’indépendance.
Le roman oppose deux milieux sociaux, une famille populaire de la banlieue de Bologne et un couple de bobos du centre-ville. Les deux ne se mélangent pas, sauf quand un adolescent des quartiers populaires, Zeno, passe la frontière et échappe au déterminisme social…
Silvia Avallone Zeno fait une chose très simple : il prend le bus et sort ainsi de l’enclos. Mais, avec ce bus, pourra-t-il aller étudier à Paris ? Pourra-t-il changer le cours de sa vie ? Oui, il y parviendra. Manuel, à qui on dit « Tu es né ici, tu es obligé de devenir un délinquant », ou Claudia, à qui on dit « Tu es née ici, tu peux au mieux rêver de faire des vidéos sur YouTube », eux, succombent. Ces jeunes resteront là toute leur vie, car ils n’ont pas de voix, pas de mots. Ils ne peuvent même pas envisager un parcours alternatif. Au contraire, l’école et les livres poussent les gens à sortir de chez eux, à avoir une vie sociale.
Dans une scène très belle, Zeno fait concurrence à la télévision en racontant à la mère de son amie Adele l’Éducation sentimentale de Flaubert…
Silvia Avallone En racontant l’Éducation sentimentale à Rosaria, il l’arrache à son programme de téléréalité. Nous devons expliquer aux parents qu’il est utile d’aller à l’école, d’ouvrir un livre. Ce sont eux qui n’y croient plus, pas les enfants. Ils n’ont plus confiance en l’effort, en la connaissance qui produit des fruits réels, à l’échelle de l’individu et de la communauté. Les livres incitent à lutter, donnent une vision du monde dans sa complexité, racontent les contradictions sociales. On ne peut plus parler des classes sociales, c’est un autre tabou de notre époque, mais elles existent bel et bien ! À Bologne, il y a quelques années, une rixe gigantesque a opposé des étudiants bobos de l’université du centre-ville et les jeunes des banlieues. Ils se sont donné rendez-vous sur Internet et se sont retrouvés dans un parc où ils se sont battus. Je me suis inspirée de cette histoire vraie qui a défrayé la chronique. Elle en dit long sur ce qu’il se passe aujourd’hui.
Dans quelles conditions êtes-vous arrivée à Bologne pour étudier la philosophie et la littérature ?
Silvia Avallone Comme le personnage de Dora, je venais de province. J’ai passé mon adolescence à Piombino (une ville sidérurgique de Toscane), dans une famille de la petite bourgeoisie. Bologne était mythique : la ville progressiste, de gauche, qui représentait la liberté et la culture. C’était, dans mon esprit, la ville de l’avenir. J’y suis restée en raison de sa particularité. Bien sûr, il y a des problèmes, comme partout, mais l’attention portée aux sujets sociaux demeure. Bologne abrite l’université la plus ancienne d’Occident, un symbole venu du passé qui reste une arme puissante. Dans cette époque incertaine, elle incarne la manière dont la culture peut aider à combattre les injustices de plus en plus nombreuses. Le cours qui a changé ma vie portait sur Marx en Italie, donc sur Labriola et Gramsci. Ce n’est pas un hasard si je cite Labriola dans le roman : ces penseurs m’ont donné un angle de vue que je n’ai jamais perdu.
Vos romans sont empreints d’oralité, écrivez-vous à l’oreille ?
Silvia Avallone J’aime que la parole écrite reflète les mots du quotidien, ceux des gens en lutte avec la réalité. J’aime par-dessus tout entendre les gens énervés, les disputes dans la rue, les invectives dans les cafés.
Y a-t-il un renouveau du roman social en Italie ?
Silvia Avallone La littérature italienne s’est toujours occupée des provinces, car elles constituent le pays tout entier. Il faut créditer Roberto Saviano de ce sursaut social. Il a montré les marges, celles que nous ne voulons pas voir et qui jouent en réalité un rôle dominant dans notre société d’un point de vue économique et politique. Les dernières élections se sont jouées dans les banlieues. Elles ont été l’expression d’un cri de colère. Surtout dans le Sud, où les gens ont dit : « J’existe, je suis là, regardez-moi. » Mais aussi dans les régions rurales du Nord. Il s’est passé la même chose aux États-Unis. Toutes les banlieues italiennes, mais aussi américaines, celles qui ont élu Trump, ont voté avec leurs tripes. Le ventre de l’Amérique, le ventre de l’Italie sont privés de voix. Même la classe politique de gauche est allée vivre dans les centres-villes et a abandonné les périphéries. Et pas uniquement en Italie.
On voit concrètement dans le roman les effets de la politique de Silvio Berlusconi à l’échelle d’une génération… Comment analysez-vous la crise actuelle ?
Silvia Avallone La politique de Berlusconi a produit des dommages comparables à ceux d’une bombe atomique. D’une certaine manière, il a anticipé en Italie une direction générale prise par l’Occident. Trump, c’est Berlusconi multiplié par mille. L’heure est grave en Italie. Nous avons besoin d’idées, de mots, de raison, d’un retour à l’esprit des Lumières. Sinon, nous serons toujours des proies faciles pour ceux qui s’adressent aux tripes, sans résoudre les problèmes ni rendre justice aux souffrances.
Politique antimigrants, peines planchers, baisse de l’impôt pour les plus riches… Pour les vainqueurs des élections du 4 mars, c’est à droite toute.
Le sort de l’alliance entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue, vainqueurs des élections du 4 mars dernier avec respectivement 32 % et 17 % des voix, était, hier, dans les mains du président de la République, Sergio Mattarella. Ce dernier devait recevoir dans l’après-midi et en soirée les délégations des formations de Luigi Di Maio et Matteo Salvini, qui ont conclu dans la nuit de dimanche à lundi un accord programmatique, même si certains points doivent encore faire l’objet de discussions cette semaine. Les deux leaders avaient initialement indiqué qu’ils feraient hier une proposition pour le poste de président du Conseil. Mais Luigi Di Maio a demandé quelques jours supplémentaires à Sergio Mattarella.
Les noms qui ont circulé dans la presse, et parmi lesquels certains ont confirmé avoir été approchés, ont un profil « technique » ; il s’agit de hauts fonctionnaires ou d’économistes. En effet, Matteo Salvini avait refusé que Luigi Di Maio, pourtant vainqueur des élections mais sans majorité absolue, devienne président du Conseil. Les deux leaders pourraient toutefois participer au prochain exécutif. Matteo Salvini, à la tête d’un parti d’extrême droite qui siège sur les mêmes bancs que le Front national au Parlement européen, pourrait obtenir le portefeuille de l’Intérieur. Cela lui laisserait les mains libres pour mener une politique antimigrants.
Toutefois, Sergio Mattarella, qui entend tout faire pour conserver l’Italie dans le giron de l’Union européenne et de l’Otan, a prévenu qu’il serait très attentif aux nominations. En vertu de la loi fondamentale, il pourrait mettre son veto à la nomination de certains ministres.
Le programme n’était pas encore public hier après-midi. Selon des fuites, des peines planchers seraient instaurées, et la « légitime défense à domicile », à savoir la capacité à tirer sur un cambrioleur, serait étendue. La politique migratoire, toujours en discussion, serait plus dure.
La réforme fiscale entraînerait une diminution de l’imposition pour les plus riches. La « flat tax » voulue par la Ligue du Nord prévoit un taux unique prélevé sur les revenus de 15 %, et de 20 % au-dessus de 80 000 euros. Un « revenu de citoyenneté », à savoir une allocation chômage, soumise à des contrôles, serait instaurée, d’un montant de 780 euros mensuels. Les deux parties ont dit leur souhait de rester dans l’UE et dans l’Otan, mais envisagent une évolution des traités et une levée des sanctions instaurées contre la Russie après l’annexion de la Crimée.
Le premier ministre israélien veut casser l’accord sur le nucléaire iranien. Il multiplie les effets d’annonce, bombarde la Syrie, vise Téhéran, et se fait donner les pleins pouvoirs pour déclencher les hostilités.
Encouragé par l’attitude américaine et un Donald Trump qui pourrait « déchirer » l’accord sur le nucléaire, le 12 mai, comme il l’a déclaré avec son élégance habituelle, Benyamin Netanyahou pousse de tous les feux possibles pour faire monter la tension avec Téhéran. Et il semble même prêt à aller jusqu’à la guerre.
À l’approche de cette date butoir et en direct devant les télévisions israéliennes, le premier ministre israélien a présenté de manière théâtrale ce qu’il a appelé « les copies exactes » de dizaines de milliers de documents originaux iraniens obtenus il y a quelques semaines. Ces documents, servant de décor à la déclaration de Netanyahou, auraient été déplacés en 2017 dans un lieu secret et apparemment délabré à Téhéran. Cette demi-tonne de matériel contient des « preuves nouvelles et concluantes du programme d’armes nucléaires que l’Iran a dissimulé pendant des années aux yeux de la communauté internationale dans ses archives atomiques secrètes », a-t-il affirmé. Pour le quotidien israélien Yediot Aharonot, souvent critique de Netanyahou, les documents produits sont un « plat de pâtes réchauffées servant l’image du premier ministre ».
Israël se sent renforcé par l’attitude de la FranceÀ aucun moment, cependant, Netanyahou n’a été capable de montrer que l’Iran ne se conformait pas à l’accord. Or c’est le plus important. Ce qui tend à démontrer que le but recherché est autre, comme le prouvent les tirs de missiles sur des positions militaires syriennes, dimanche soir, et qui auraient tué de nombreux combattants iraniens. Tout désigne Israël, malgré le mutisme de Tel-Aviv.
C’est dans ce contexte de tension grandissante que le Parlement israélien a voté, lundi, en faveur d’une loi permettant au premier ministre et au ministre de la Défense de décider d’entrer en guerre sans réunir le gouvernement. Cette loi, votée à 62 voix contre 41, donne la responsabilité au cabinet restreint de sécurité de décider d’une opération militaire ou d’une guerre sans se concerter avec le reste du gouvernement. Pis, un paragraphe précise que, en cas de « conditions extrêmes », le premier ministre et son ministre de la Défense, seuls, pourront décider d’une telle opération.
Benyamin Netanyahou a bien évidemment reçu le soutien des États-Unis. Le nouveau secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, actuellement en tournée au Moyen-Orient, avait donné le ton en Arabie saoudite, en assurant que l’Iran est « le plus grand sponsor du terrorisme dans le monde » qui « vend des armes aux (rebelles) Houthis au Yémen », « dirige des campagnes de piratage informatique » et « soutient le régime meurtrier d’Assad » en Syrie. Et en Israël, sans pratiquement un mot sur les Palestiniens – on aura juste appris que le fameux plan de paix américain n’existe toujours pas –, il s’en est encore pris à Téhéran, accusé de vouloir « dominer le Moyen-Orient ». De telles affirmations dans un pays, Israël, qui n’a jamais avoué officiellement détenir l’arme atomique et de la part d’un pays, les États-Unis, qui possède des bases militaires dans toute la région, relèvent du mépris pour la communauté internationale.
Les accusations israéliennes sont l’œuvre d’« un menteur invétéré, en panne d’idées », a dénoncé le ministère des Affaires étrangères iranien, ajoutant que ces allégations « éculées, sans intérêt et honteuses » sont celles de « dirigeants sionistes (qui) ne voient pas d’autre moyen pour assurer la survie de leur régime illégal que de menacer les autres en usant d’un bluff ressassé ».
Netanyahou peut également se sentir renforcé par l’attitude de la France. Emmanuel Macron, tout en voulant préserver l’accord de 2015, veut l’élargir de façon artificielle, en incluant les missiles balistiques ainsi que la situation en Syrie et au Yémen, ce qui rejoint totalement les volontés et les analyses états-uniennes, alors que, en réalité, ces dossiers importants pourraient être l’objet de discussions séparées. Encore une fois, en jouant la carte de l’atlantisme et sans jamais critiquer Israël, Paris renforce le camp des faiseurs de guerres, car les tensions sont maintenant grandissantes. Le Moyen-Orient est plus que jamais au bord de l’explosion.
Histoire. Lors des premières élections législatives depuis la chute du fascisme, l’Italie a fait le choix du camp occidental. La Démocratie chrétienne obtient 48 % des voix, contre 30 % pour la gauche réunie sous la bannière du Front démocratique populaire. La participation a été de 92 %.
Quand il arrive à Varèse le 4 avril 1948, Luigi Longo, ancien chef de la résistance italienne et dirigeant communiste de premier rang, fait face à un drôle d’accueil. À la fin du meeting qu’il tient, des tracts sont lancés depuis la terrasse d’un bar. On peut lire : « Dans le secret de l’isoloir, Dieu te regarde, pas Staline. » Les élections du 18 avril 1948 se déroulent dans un climat tendu qui inspirera les aventures de don Camillo, qui fait face dans un village de la plaine du Pô à Peppone, le maire communiste. Ce scrutin, le plus disputé de l’histoire de la République, a marqué le ralliement de l’Italie au bloc occidental.
Car, en cette année 1948, la péninsule est une métaphore de l’Europe. Et ces élections, dans ce pays qui jouxte la Yougoslavie de Tito, déterminent la frontière entre Ouest et Est. Deux camps s’affrontent. D’un côté, la Démocratie chrétienne (DC), qui fait campagne contre le péril rouge. Le Parti communiste italien (PCI) de Palmiro Togliatti et le Parti socialiste italien (PSI) de Pietro Nenni forment un Front démocratique populaire dont l’emblème est le visage de Garibaldi, héros du Risorgimento, la réunification italienne. Rien n’est épargné. La DC en appelle à la famille, à coups d’affiches stipulant qu’à l’Est, « les enfants appartiennent à l’État ». L’Église et les organisations qui lui sont proches font campagne. Les curés promettent l’enfer à leurs ouailles si elles votent « matérialiste ». De nombreuses processions sont organisées. Les hommes de foi font la promotion des apparitions de la Vierge, qui se multiplient, tout comme de miracles divers et variés… Ne sont pardonnés par leurs confesseurs que les pécheurs qui promettent de voter DC. Des bambins reviennent en pleurant du catéchisme pour inviter leurs parents à rester dans le droit chemin.
La DC a d’autres cartes dans la main. Si elle l’emporte, l’Italie est assurée de bénéficier du plan Marshall, cette aide américaine aux pays européens en échange d’un maintien dans ce qui deviendra l’orbite atlantiste. L’argument est de poids dans une Italie qui se relève à peine de la guerre : selon un sondage de l’époque, 65 % des Italiens étaient favorables au plan Marshall. En outre, la DC fait valoir qu’en cas de victoire du Front, il ne sera plus possible d’émigrer aux États-Unis. « On n’émigrera qu’en Sibérie », affirme un tract de l’époque ! Le PCI et le PSI, eux, mettent en avant l’aspect « réactionnaire » de la DC. Dirigée par Alcide De Gasperi, celle-ci a évincé les ministres communistes et socialistes du gouvernement en mai 1947. Dans un climat de reprise des luttes, elle est donc accusée d’avoir exclu les représentants des masses laborieuses du pouvoir, et partant de « trahir la patrie » en défendant non les Italiens, mais les États-Unis bellicistes. Mais le Front démocratique populaire est plombé par les événements à l’Est : le coup de Prague, la prise de pouvoir par les communistes tchécoslovaques le 25 février, est des plus mauvais effets.
Quand les résultats du scrutin arrivent, dans les jours qui suivent le 18 avril, l’amertume est forte chez les militants de gauche, qui ont cru à une possible victoire dans les urnes. C’est la victoire de « l’Italie de ceux qui ne remplissent pas les places », déplore Rossana Rossanda, fondatrice du quotidien communiste Il Manifesto, qui n’est alors qu’une adolescente.
L’unité syndicale,acquise en 1944, prend finDans cette campagne polarisée, la DC fait le plein de voix anticommunistes. Avec 48,5 %, elle réduit à la portion congrue les partis d’extrême droite et du centre. Le Front démocratique populaire s’arrête à 30,98 % des voix, loin des 39,6 % obtenus par le PSI et le PCI deux ans plus tôt. Il faut dire que le PSI a subi une scission en janvier 1947 de la part de ceux qui refusent la coalition avec les communistes : l’Alliance socialiste fait 7 %, avec des pointes au Nord.
Avec cette élection, le paysage politique est dessiné pour quatre décennies : la DC occupe l’espace du centre gauche jusqu’aux confins de l’extrême droite. Et le PCI prend le dessus sur la gauche : il obtient plus de 120 élus sur les 183 du Front, alors que deux ans plus tôt, le PSI était la première force de gauche. Et les partis, avec leurs millions de membres, deviennent centraux dans l’organisation de la vie politique, mise en suspens pendant les vingt annnées de fascisme.
La réaction prend le dessus. L’unité syndicale acquise en 1944 prend fin : les démocrates-chrétiens orchestrent une scission au sein de la CGIL, le 15 septembre. Surtout, après les énormes manifestations et occupations d’usines quasi insurrectionnelles qui suivent une tentative d’attentat contre le secrétaire du PCI, Palmiro Togliatti, le 14 juillet 1948, la répression s’abat sur le mouvement ouvrier. Entre juillet 1948 et 1950, 62 salariés sont tués – dont 48 communistes. On comptera 3 216 blessés. La police arrêtera dans cette période 92 169 personnes, dont 73 870 communistes.
En août 1944, Palmiro Togliatti, secrétaire du PCI, renonce à une stratégie insurrectionnelle : le socialisme doit s’inscrire dans une démocratie pluraliste. Cette ligne n’est pas pleinement acceptée dans le nord du pays, notamment chez les résistants. Ainsi, en novembre 1947, le préfet de Milan, issu de la Résistance, est substitué par le gouvernement. Les communistes s’emparent, armes à la main, de la préfecture. Il faudra un coup de fil de Togliatti pour les ramener à la raison : « Bravo. Que pensez-vous faire maintenant ? » leur dit-il. Le 14 juillet 1948, Togliatti est victime d’un attentat. Il n’est que blessé, mais le pays s’embrase. Les ouvriers occupent les usines, installant des mitraillettes sur les toits, la CGIL lance une grève générale. La direction du PCI appelle au calme et rappelle son attachement à la stratégie togliattienne, qui restera celle du PCI jusqu’aux années 1980.