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Date de création : 31.03.2011
Dernière mise à jour : 17.02.2026
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R.Vailland dandy écrivain, communiste et grand journaliste

Publié le 17/05/2015 à 18:12 par andrenicolas Tags : image photo news vie monde homme roman article mort histoire divers voyage pcf voyages
R.Vailland dandy écrivain, communiste et grand journaliste
Roger Vailland, dandy, écrivain, communiste et grand journaliste
histoire
Marie-Noël Rio
Vendredi, 15 Mai, 2015
L'Humanité

© Roger-Viollet
Toute sa vie, malgré les aléas et en dépit d’une production prolifique d’écrits sous les formes les plus variées – récits, romans, scénarios, récits de voyages, dialogues, pièces de théâtre –, Roger Vailland restera un journaliste assidu. Son dernier écrit est un article de presse.

À 21 ans, en 1928, grâce à Robert Desnos, Roger Vailland entre à Paris-Midi, quotidien de Jean Prouvost. C’est le début d’une aventure qui durera sa vie entière. Il «couvrira» tout, sous son nom ou sous pseudonymes – faits divers, chronique mondaine, sports, critique littéraire, d’art, de cinéma, de théâtre, grands procès, politique nationale, politique étrangère –, deviendra grand reporteur, correspondant de guerre, écrira des milliers d’articles pour les journaux les plus divers… Quels que soient ses succès d’écrivain, il gardera jusqu’à sa mort, à 58 ans, un vif goût pour la presse, et son dernier article sera son dernier écrit.

L’ampleur de cette œuvre, l’ouvrage Sacré Métier! Roger Vailland journaliste (1) permet de la mesurer. Grâce à une sélection d’une centaine d’articles strictement chronologique, à quelques exceptions près, qui voyage des Années folles aux années noires, de la victoire à la guerre froide. Les dix chapitres, périodes historiques ou moments de la vie de l’écrivain, sont précédés ou jalonnés de courtes notes qui rappellent le contexte de l’écriture. On y suit, sans qu’il soit besoin de commentaires, l’itinéraire de Roger Vailland: la construction d’un homme, la construction d’un écrivain. L’expérience du monde réel et celle de l’écriture vont du même pas. Cela se lit au fil des articles, depuis les potins mondains jusqu’aux enquêtes les plus fouillées, et aussi des journaux auxquels il collabore, de la «grande presse» de l’avant-guerre à la presse communiste, avec laquelle il ne rompra pas, même après avoir quitté le PCF en 1959.

Une écriture romanesque sèche, élégante...

Vailland journaliste et Vailland romancier, c’est tout un: le premier a appris à observer la réalité avec une acuité rare et à la décrire avec économie, précision et rigueur, de l’esprit aussi, un sens de la formule et le rare talent de trouver l’anecdote qui ait valeur symbolique ou de dresser en quelques mots le portrait de quelqu’un?: il est, comme on dit dans la presse, une plume; le second bâtit des fictions solidement appuyées sur la réalité, scrupuleusement documentées, et met au service des œuvres d’imagination les techniques et les vertus apprises au fil de centaines d’enquêtes et d’articles – d’où une écriture romanesque sèche, élégante, virtuose, qui est sa marque. Avec, par-dessus tout, un regard aigu cherchant le sens des choses et des hommes.

Homme de plaisir, Roger Vailland fut d’abord un travailleur acharné, engagé tout entier dans ses choix esthétiques et politiques, en particulier celui du communisme. Jusqu’au désespoir: ses déceptions furent à la mesure de ses engagements.

Il naît en 1907, à Acy-en-Multien (Oise). Son père est géomètre. En 1919, la famille s’installe à Reims. Au lycée, Vailland forme, avec Roger Gilbert-Lecomte, Robert Meyrat et René Daumal, le groupe des «phrères simplistes», surréalistes sans le savoir. Premiers poèmes, premières drogues. Baccalauréat de philosophie puis hypokhâgne à Paris.

En 1928, il entre comme journaliste à Paris-Midi et il est de fait l’artisan principal de la revue des «simplistes», le Grand Jeu. En 1929, André Breton, qui supporte mal son activisme, lui fait un procès sous un pauvre prétexte. Très affecté, Vailland rompt avec le surréalisme et le Grand Jeu.

Opium, alcool. En 1936, le Front populaire lui donne pour la première fois le goût de la politique. En 1938, il cosigne, avec Raymond Manevy, Un homme du peuple sous la Révolution, qui paraît en feuilleton dans le Peuple, organe de la CGT. Après la débâcle il suit Paris-Soir replié à Lyon. Il entre dans la Résistance fin 1942. En 1944, grillé, il se planque à Chavannes-sur-Reyssouze (Ain) et y écrit son premier roman, Drôle de jeu (prix Interallié 1945). Après le débarquement des Alliés, il suit la reconquête comme correspondant de guerre pour Action et Libération.

Jusqu’en 1950, il collabore à de nombreux journaux progressistes et signe un scénario, les Frères Bouquinquant (Louis Daquin), plusieurs essais (Quelques Réflexions sur la singularité d’être français, Esquisse pour un portrait du vrai libertin, le Surréalisme contre la Révolution, le Saint Empire), une pièce, Héloïse et Abélard (prix Ibsen 1950) et deux romans.

En 1951, il s’installe aux Allymes (Ain) avec Élisabeth Naldi et continue d’écrire?: Un roman, Un jeune homme seul?; un récit de voyage, Boroboudour. En 1952, sa pièce Le colonel Foster plaidera coupable est interdite. Il adhère au PCF. En 1954, il s’installe à Meillonnas (Ain) avec Élisabeth, où il écrit notamment deux romans, Beau Masque et 325000francs.

En 1956, le rapport Khrouchtchev au XXe congrès du PCUS est publié. Vailland se sent «comme mort». Il signe contre l’intervention soviétique en Hongrie. Désespoir, alcool, voyages ne l’empêchent pas d’écrire: un scénario (Et mourir de plaisir, tourné par Roger Vadim), un roman (La Loi, prix Goncourt 1957) et un essai (Éloge du cardinal de Bernis).

En 1959, il quitte sans bruit le PCF. Il continue d’écrire: plusieurs scénarios, deux romans, une pièce, deux essais et un récit de voyage. Le 12mai 1965, Roger Vailland meurt d’un cancer du poumon.

(1) Sacré Métier! Roger Vailland journaliste, choix et présentation par Marie-Noël Rio, éditions le Temps des cerises, 2015, 503 pages, 22 euros.